Vladimir Poutine : le référendum qui change tout

Depuis hier, et jusqu’au 1 juillet, les Russes sont appelés aux urnes pour s’exprimer sur une réforme constitutionnelle, qui remettrait le nombre de mandats présidentiels de Vladimir Poutine à zéro. Ainsi, il pourra se présenter aux élections présidentielles de 2024, alors qu’il a déjà épuisé les deux mandats consécutifs autorisés. Si cette réforme est votée, Vladimir Poutine pourrait rester Président jusqu’en 2036. Il sera alors âgé de 84 ans et sera resté 36 ans au pouvoir.

Des services de renseignement à la politique

L’actuel Président de la Fédération russe a débuté sa carrière dans le KGB, les services de renseignement soviétiques. Envoyé en Allemagne de l’Est sous couverture en 1985, il est rappelé en URSS, lorsque les deux Allemagnes se réunissent. Sa carrière prend alors une tournure politique, et il intègre l’équipe de Anatoli Sobtchak, coauteur de la constitution Russe de 1993, démocratiquement élu maire de Saint-Pétersbourg en 1991. En tant que conseiller, il prend de l’importance dans la mairie, et devient le premier adjoint de son mentor, 3 ans plus tard.

Ce passage à la mairie de Saint-Pétersbourg le met directement sur la route de Boris Eltsine, Président de la Fédération de Russie. Après deux ans dans l’administration présidentielle, il est nommé Premier ministre, peu avant la démission de Eltsine en 1999, puis Président par intérim. L’année d’après, il lui succède au poste de Président. Dès son premier mandat, l’ancien officier du KGB impose une politique autoritaire, symbolisée par un renforcement du contrôle des médias, des élections influencées par le gouvernement et une chasse aux opposants. Président de la Fédération de Russie de 2000 à 2008, puis de 2012 à aujourd’hui, il a occupé le poste de Président du gouvernement après ses deux premiers mandats.

Évidemment, cette réforme constitutionnelle ne fait pas l’unanimité en Russie, mais la crise sanitaire empêche la population de sortir dans la rue pour protester. A la place, les militants de Vespa ont organisé des manifestations de jouets, ce qui n’a pas été au goût des autorités. « Poutine, t’es foutu, les joujoux sont dans la rue » pouvait-on lire sur les pancartes.

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