Viktor Orbán, une main de fer sur la Hongrie

Le Premier Ministre hongrois Viktor Orban lors d'une conférence de presse en janvier (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Depuis son retour au pouvoir en 2010, le premier ministre Hongrois Viktor Orbán installe une politique autoritaire dans le pays, où les libertés individuelles ne font que reculer. En parallèle, il ne cesse de faire des pieds de nez à la démocratie et aux valeurs européennes.

Le Lundi 30 mars 2020, le premier ministre hongrois Viktor Orbán a reçu de la part du parlement des pouvoirs presque illimités dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Avec l’adoption de cette loi qui prolonge l’état d’urgence sanitaire, le premier ministre d’extrême-droite a la possibilité de prolonger indéfiniment l’état d’urgence sans l’accord du parlement, mais également de légiférer par ordonnance ou de suspendre certaines lois par décret.

Viktor Orban a fait son entrée dans la politique hongroise en prononçant un discours sur la Place des Héros le 16 juin 1989, dans lequel il se monte contre le régime soviétique, demande l’organisation d’élection libre et le départ de l’Armée Rouge du pays. Alors que le mur de Berlin n’est même pas encore tombé, il vient juste de créer son propre parti politique anti-communiste, la Fédération des Jeunes Démocrates (Fidesz). Dès son discours, il se place en homme fort du pays et développe sa politique souverainiste. Dès 1990, il devient député puis Premier Ministre en 1998, après que son parti soit devenu majoritaire à l’Assemblée Nationale. Après avoir perdu la majorité en 2002, il retrouve son poste de Premier Ministre en 2010, poste qu’il n’a plus quitté depuis.

Viktor Orbán devient alors le chef de file de l’extrême-droite européenne, menant une politique agressive envers l’Union Européenne, l’immigration et les médias. Dès 2010, il cherche a cadenasser la liberté de presse et à contrôler les principaux médias du pays. Selon un rapport de Agnès Urban, professeure associée à l’université Corvinius de Budapest, les principaux journaux nationaux ont été vendu à des hommes d’affaires proche de Viktor Orban. Cette main-mise sur les médias est permise par la loi des médias de 2010, qui supprime les régulations qui existaient.

Avec la loi votée hier au parlement, Viktor Orban s’arroge le monopole du pouvoir. En effet, selon la constitution hongroise, seuls le parlement et le Premier Ministre ont la possibilité de mettre fin à l’état d’urgence. Finalement, cette loi entre dans la continuité de la politique menée par Viktor Orbán depuis 2010.

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