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Qu’est-ce Pix, le support numérique des 3e et terminales, annoncé par Jean-Michel Blanquer ?

Indiqué comme la nouvelle certification de l’Éducation nationale, Pix a pour objectif de développer les compétences numériques des élèves de troisième et de terminale. Cette ressource est aussi disponible au grand public.

Gérer sa réputation sur la toile, identifier les coordonnées GPS d’une image ou encore exercer sa citoyenneté en toute indépendance quand vient l’heure de payer ses impôts… Tels sont les défis que se lance Pix, une plateforme numérique ouverte à tous et qui a pour but de rendre les Français plus débrouillards avec les nouvelles technologies.

Mais avant d’aller conquérir les actifs ou les retraités, ce sont les collégiens et lycéens qui sont les premiers visés par l’opération. Conçu par l’Éducation nationale, cet outil du service public devient obligatoire pour “tous les troisièmes de cette année, et tous les élèves de terminales, d’ici à 2022”, a annoncé, le 26 août 2020, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale. Il s’agit d’une “certification” dont les contours ne sont pas encore connus.

Une session de certification en fin d’année

C’est dans son discours de rentrée que le ministre a évoqué – très succinctement – les ambitions de Pix. Créé en 2016, ce groupement d’intérêt public veut améliorer les compétences informatiques de chacun sous une forme ludique. En effet, une série de questions qui impose d’effectuer des recherches sur le web, est posée à l’internaute. En fonction des réponses qu’il apporte, l’algorithme adapte l’apprentissage. Le site comprend cinq niveaux : informations et données ; communication et collaboration ; création de contenu ; protection et sécurité et environnement numérique. Les questions sont plus ou moins difficiles, dans le but de stimuler et de ne pas décourager, nous fait savoir Pix.

Extrait de la conférence de presse de Jean-Michel Blanquer, le 26 août 2020, sur les compétences numériques des élèves : de 28’07’ à 28’46’.

Et les troisièmes et les terminales, tout au long de l’année, vont devoir s’atteler à cet entraînement. Ainsi, au cours d’une session qui se tiendra en fin d’année, un test est réalisé afin de déterminer si le niveau atteint par l’élève lors des précédentes éditions est sincère. “Pour être certifiable, un profil [d’élève, NDLR] doit avoir cinq compétences minimum de niveau 1″, explique Pix sur son site Internet. En clair, la certification permet de valider les capacités d’un élève à un instant donné. Il remplace peu à peu le B2i et le C2i. Ce diplôme n’a toutefois aucune conséquence sur l’avenir post-brevet ou post-bac.

Des cours dispensés par les enseignants

Une certification pour rien ? “Contrairement à l’idée reçue, les “natifs numériques” n’existent pas ! Si les jeunes sont jugés très “habiles” avec les outils et ressources numériques, – smartphones, réseaux sociaux – nous constatons qu’ils peuvent se retrouver peu armés dès lors qu’il s’agit de rechercher des informations fiables en ligne”, relève Benjamin Marteau, directeur de Pix dans un communiqué.

De fait, l’éducation aux enjeux du numérique sera dispensée à travers ce support, “à distance”, souligne Jean-Michel Blanquer, mais pas seulement. Les professeurs devront aussi apporter leur pierre à l’édifice. Et pour cause, Pix compte sur les enseignants pour faire travailler et ainsi progresser les élèves. Encore faut-il que les référents eux-mêmes sachent utiliser les nouvelles technologies. Pix évoque dans un communiqué de juillet dernier, que des fonctionnalités dédiés aux enseignants “complèteront prochainement l’application”, révèle le groupe public qui souhaite devenir un “standard” des compétences numériques, sans pour autant en déclarer davantage.

“Personne n’est au courant”

Nadia Daly, présidente du syndicat Synep-CFE-CGC

“Pour la majorité, les jeunes savent mieux utiliser un ordinateur qu’une partie de mes collègues. Et les outils, en terme de salle et de matériel, sont différents suivant les établissements”, déplore Nadia Daly, présidente du syndicat Synep-CFE-CGC. Pour le syndicat d’enseignants, ce dispositif n’arrive pas au bon moment. “L’année dernière, je me souviens avoir vu passé un mail dans lequel Pix était mentionné. Sauf que personne n’est au courant”. En 2019 déjà, Pix faisait partie du programme de certains établissements. “Et puis on a autre chose à faire en ce moment que de parler du numérique”, dénonce-t-elle.

“Déjà quand on parlait du B2i tout le monde se regardait en se demandant à quoi cela servait. Là c’est pareil…”, conclut Nadia Daly. Des précisions de l’Éducation nationale devraient permettre de comprendre les objectifs de cette nouvelle certification dans les prochaines semaines.