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Prix Nobel 2020 : 4 femmes, 7 hommes et un programme de l’ONU

Entre le 5 et le 12 octobre, la fondation Nobel a annoncé les lauréats du cru 2020. Décerné ce lundi, le prix Nobel d’économie clôt la promotion de cette année.

Dans un contexte particulier, lié à la crise sanitaire que le monde connait, le lauréat des prix Nobel 2020 ont été annoncés par l’Académie Suédoise la semaine dernière. Crée en 1901 selon la volonté d’Alfred Nobel, les prix Nobel récompensent tous les ans des avancées conséquentes dans plusieurs domaines. A sa mort, l’inventeur de la dynamique cède la grande majorité de son héritage pour la création d’une institution, responsable de la remise de prix. Il récompense alors des personnes “ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité”. Nobel désigne dans son testament les cinq domaines dans lesquels les prix seront remis : La médecine, la physique, la chimie, la littérature et la paix. Le prix Nobel d’économie n’apparait qu’en 1968, lorsque la Banque Centrale de Suède crée un prix de sciences économiques, en mémoire d’Alfred Nobel.

Lundi 5 octobre : Prix Nobel de Médecine/Physiologie

Premier prix annoncé, le Nobel de Médecine a récompensé Michael Houghton (à gauche), Havrey Alter (au centre) et Charles Rice (à droite). Dans un contexte de lutte contre un virus, ce prix Nobel a été décerné aux principaux acteurs de la découverte d’un autre virus, celui de l’hépatite C, responsable de 2700 décès par an en France et de 400 000 décès à l’échelle mondiale.

Cette découverte peut se diviser en trois temps forts : dans les années 70, Harvey Alter découvre une contamination hépatique, due ni à l’hépatite A ni à l’hépatite B. Après une étude sur les chimpanzés durant lequel il découvre l’existence d’une nouvelle forme de contamination, initialement appelée “hépatite non-A, non-B”, il co-écrit en 1989 dans la revue Science, deux articles attestant de la découverte de l’hépatite C. La même année, Michael Houghton publie une étude dans laquelle il identifie la présence d’anticorps de l’hépatite C dans le sang de patients contaminés. Les travaux de Charles Rice sur la réplication du virus a mené à l’élaboration du vaccin.

Mardi 6 octobre : Prix Nobel de Physique

Plus d’un an après la première photographie d’un trou noir par l’Event Horizon Telescope, le prix Nobel de Physique récompense Andrea Ghez (à gauche), Roger Penrose (au centre) et Reinhard Genzel (à droite), pour leurs recherches sur cette entité peu connue. Roger Penrose a reçu ce prix Nobel pour son travail visant à matérialiser les trous noirs, par un travail mathématique. De leur côté, Andrea Ghez et Reinhard Genzel ont été primés pour leur découverte de Sagitarrius A, un trou noir localisé au centre de la Voie Lactée.

Ce n’est pas la première fois que ces scientifiques reçoivent les honneurs pour leur travail : Si Andrea Ghez a été élue à l’Académie Nationale des Sciences des Etats-Unis et à l’Organisation américaine de Physique, Roger Penrose reçoit l’ordre du Mérite du Commonwealth en 2000. L’astéroïde (18241) Genzel a été nommée en l’honneur de Reinhard Genzel.

Mercredi 7 octobre : Prix Nobel de Chimie

Première fois qu’un prix Nobel scientifique est remis à un duo 100% scientifique, la française Emmanuelle Charpentier (à gauche) et l’américaine Jennifer Doudna ont vu leur travaux sur les “ciseaux moléculaires” récompensés. Visant à couper l’ADN pour modifier le génome, cet outil, appliqué en médecine, peut être utilisé pour soigner des maladies génétiques ou le paludisme. Mis au point en 2012, cet outil, appelé Crispr-Cas9, est aujourd’hui utilisé par tous les laboratoires.

Directrice du Centre de recherche Max Planck pour la science des pathogènes, Emmanuelle Charpentier est également passée par l’Université d’Hanovre ou encore celle Umeå, en Suède. Après avoir reçu ce prix, la scientifique française a alerté sur l’état de la recherche en France : “La France aurait eu du mal à me donner les mêmes moyens qu’en Allemagne” a-t-elle déclaré après l’annonce du prix Nobel.

Jeudi 8 Octobre : Prix Nobel de Littérature

Récompensée le prix Nobel de littérature 2020, l’américaine Louise Glück est la seizième femme à le recevoir. Peu connue en France, la poétesse de 77 ans est l’une des plumes les plus importantes de sa génération aux Etats-Unis. Après avoir reçu le prix Pulitzer de la poésie en 1993 pour The Wild Iris, elle entre à Yale, en tant qu’écrivaine en résidence en 2004.

Ses œuvres se caractérisent par un souci de clarté. L’enfance et la vie de famille, la relation étroite avec les parents et les frères et sœurs sont des thématiques qui sont restées centrales chez elle” a déclaré l’Académie Suédoise, responsable de la remise du prix Nobel de littérature. Après avoir écrit ses premiers poèmes avant ses vingt ans, elle a aujourd’hui publié douze recueil de poésie.

Vendredi 9 Octobre : Prix Nobel de la Paix

Seule organisation à être récompensée cette année, l’ONU s’est vu décernée le prix Nobel de la paix pour son programme alimentaire mondial. Depuis sa création, l’institution a reçu douze prix Nobel de la paix, par le biais de ses programmes ou de ses fonctionnaires.

Crée en 1962, le Programme Alimentaire Mondial est sollicité à travers le monde pour amener une réponse humanitaire aux famines. Au total, près de 100 millions de personnes ont pu bénéficier de ce programme en 2019. Après être intervenu en Iran pour la première fois en 1963, ce programme a œuvré en Syrie, au Nigeria, au Mali. La mission au Yémen, encore en cours aujourd’hui, est la plus grande opération du programme. Depuis le début de la crise sanitaire en 2019, il œuvre pour que la crise sanitaire ne devienne une “pandémie de la faim”. Une “carte de la faim” a été mise en ligne sur le site du programme, pour visualiser les besoins alimentaires des pays en crise à l’échelle mondiale.

Lundi 12 Octobre : Prix Nobel d’Economie

Dernier prix Nobel de la saison 2020 a être annoncé, le prix Nobel d’économie a récompensé les américains Robert Wilson (à gauche) et Paul Milgrom (à droite) pour leur travaux sur la théorie des enchères et les comportements humains lors des enchères.

Economiste à l’université de Stanford, les deux chercheurs ont “inventé de nouveaux formats d’enchères ” selon l’Académie royale des sciences de Suède qui remet ces prix. Robert Wilson a montré que les participants rationnels aux enchères avaient tendance à annoncer des prix en dessous de leur meilleure estimation, de peur de trop payer. “ils s’inquiètent de la malédiction du gagnant” déclare l’Académie. Quant à Paul Milgrom, il montré que les acquéreurs avaient tendance à augmenter leur prix, lorsqu’ils ont des informations sur les sommes prévues par les autres participants de l’enchère.