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Les Rohingyas, encore et toujours persécutés

Trois pécheurs accueillent 94 réfugiés rohingyas, alors qu'ils essayés de fuir la Birmanie par la mer

En novembre 2017, la levée de fond de Jérôme Jarre, relayée par de nombreuses célébrités comme Omar Sy, Mister V ou DJ Snake, mettait la lumière sur les violences que subissent les Rohingyas, une ethnie musulmane persécutée depuis le 18e siècle en Birmanie. Par une campagne intense sur les réseaux sociaux, Jérôme Jarre récoltait 2 millions d’euros, permettant la construction, entre autres, d’un centre hospitalier et de plusieurs écoles. Malheureusement, l’indignation visible sur les réseaux sociaux est très vite redescendue et cette crise humanitaire a cessé d’être au centre des débats.

Mercredi, au nord de l’Indonésie, 94 réfugiés Rohingyas dérivant sur un bateau en bois ont été sauvés par trois pécheurs, rappelant que les persécutions que subissent ce peuple sont encore d’actualité. Ce sauvetage n’est pas un cas isolé dans la région. Au début du mois, 269 rescapés Rohingyas échouaient sur l’île de Langkawi, en Malaisie, après plusieurs semaines passées en mer. Selon les autorités locales, les réfugiés viendraient du camp de réfugiés de Balukhali, au Bangladesh. Aujourd’hui, le pays compte plus d’1 million de Rohingyas ayant fuit la Birmanie.

Un exil forcé

Persécutés par l’armée Birmane et des milices bouddhistes, les Rohingyas sont forcés de quitter leur pays depuis plusieurs décennies. Alors qu’ils sont nombreux à se réfugier dans les camps au Bangladesh, d’autres décident de fuir par la mer, pour rejoindre l’Indonésie ou la Malaisie. Les Rohingyas sont alors confrontés à des passeurs, qui profite de leur détresse et demandent 2 300 dollars pour atteindre l’un des deux pays, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). A cela s’ajoute les violences des trafiquants que subissent les Rohingyas et la peur de ne jamais arriver à destination.

Alors que les bateaux des Rohingyas étaient régulièrement accueillis par les pays de la région, depuis quelques mois, à cause de la crise sanitaire, les pays les repoussent et envisagent de renvoyer en mer ceux ayant réussi à débarquer.

Un homme aide une femme rohingya aller jusqu’à la terre, pendant qu’un autre homme porte un bébé. KEVIN FRAYER

En 2017, le photojournaliste Kevin Frayer immortalisait déjà le périple des Rohingyas, fuyant les violences. Ce cliché a été nommé au concours de la photo de l’année Word Press.