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Hong-Kong : le parlement s’enflamme

Les manifestants hongkongais ont vidé les rues depuis quelques semaines, la lutte contre le coronavirus étant devenu la priorité absolue. Pour autant, la crise politique est bien loin d’être réglée entre la Chine et Hong-Kong.

Lundi, des heurts ont éclatés à l’intérieur du Conseil Législatif (LegCo), le Parlement de Hong-Kong, entre les députés pro-démocrate et les députés pro-Pékin, forçant la sécurité à intervenir. C’est la deuxième fois en moins d’un mois que le chaos s’installe dans l’Assemblée : le 8 mai dernier, des heurts s’étaient déclenchés au sujet du poste de Président de l’Assemblée, revendiqué par les pro-Pékin, occupé par intérim par les pro-démocrates.

Depuis octobre, le poste de Président du Conseil Législatif, initialement occupé par le pro-Pékin Andrew Leung, est vide. C’est donc le vice-président du Conseil, le pro-démocrate Dennis Kwok qui détient les pouvoirs et est responsable d’organiser les élections du nouveau président du LegCo. Sachant que la majorité de l’Assemblée est détenue par les pro-Pékin, Dennis Kwok et l’opposition repoussent indéfiniment l’échéance. Le 8 mai dernier, la candidate pro-Pékin Starry Lee s’est installée dans le fauteuil de Président, considérant que ce poste lui revenait de droit. Les cris et les tentatives d’accéder à l’estrade des députés pro-démocrates ont provoqué un chaos total. Lundi, une scène similaire s’est déclenchée lorsque le député pro-Pékin Chan Kin-por était imposé par les pro-Pékin pour présider la séance.

Le poste de Président du LegCo est un enjeu majeur pour l’opposition qui tente de bloquer les projets de loi proposés par les députés pro-Pékin, proche du gouvernement chinois. Récemment, les députés pro-Pékin ont proposé une loi visant à criminaliser les outrages au drapeau et à l’hymne chinois. En parallèle, le gouvernement chinois tente toujours d’imposer à Hong-Kong une loi de sécurité nationale, qui condamnerait « la trahison, la sécession, la sédition et la subversion ». L’adoption de cette loi porterait un grand coup à la démocratie, chère aux Hongkongais, alors que la pression de Pékin sur le territoire semi-autonome se fait de plus en plus forte.